Forum Moci 2014 : les mirages d’Internet sur les sources d’information

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Forum MOCI du 27 juin 2014

Les sources d’informations et leur utilisation pour limiter les risques de non-paiement ont été au centre d’une partie des débats de la première table-ronde, intitulée “L’impact des risques du grand export sur la gestion des risques de paiements”, du forum Moci des risques et opportunités à l’international, organisé le 27 juin, dans l’Hôtel des arts et métiers, à Paris. Car la maîtrise des risques de non-paiement au grand export commence par une bonne information sur ses prospects et ses clients. Dans ce contexte, Internet, et en particulier les sources gratuites, est-il un bon outil ?

Manque de qualité des sources d’informations gratuites

Les chefs d’entreprises sont unanimes à dire non. « Nous utilisons beaucoup l’Internet pour chercher des informations sur les risques », a indiqué Christian Queffelec, P-dg d’Astellia, entreprise spécialisée dans la fourniture de services de monitoring aux opérateurs de télécommunications. Mais certes « Internet permet de collecter une base de données considérable, mais qu’il faut trier car ça peut être un leurre », a-t-il prévenu. En effet, 70 % des informations ne sont pas bonnes selon lui. Ce sentiment de méfiance à l’égard d’Internet est également partagé par la société de commerce international Devexport. « La source d’information via le net, c’est plus une source désastreuse qu’autre chose. », a assuré son P-dg, Perrine Bulher, rappelant une mésaventure lors de la visite d’une entreprise en Inde. « L’atelier se situait au fond d’une cour, et l’entreprise, en réalité, était plus un stand dans un souk ».

DEVEXPORT et ELLISPHERE pour une information fiable

Devexport possède des bureaux à Cuba et au Venezuela, des zones à risques élevés et où les informations sur les entreprises locales ne sont pas faciles à obtenir. « Notre société travaille sur des pays difficiles où peu de fournisseurs veulent travailler », a justifié Perrine Bulher. Et rien de mieux, dans ces cas, que la confiance qu’elle développe avec ses clients sur place. « La confiance est le mot clé pour nous dans des pays où les informations n’existent pas ou sont peu fiables », a expliqué la dirigeante, dont l’entreprise a bien recours à un assureur-crédit, mais qui n’a pas toujours des informations sur l’ensemble des zones où Devexport est présente.

Jean-Claude Asfour, consultant en commerce et financements internationaux et co-auteur de l’Atlas Moci des risques pays, dont la sixième édition vient d’être publiée*, a mis, lui, en garde contre les limites de l’information sur le grand export. Si en France, les informations sur les entreprises sont facilement accessibles via Internet, les informations publiques sont très pauvres dans de nombreux des pays étrangers, où les obligations de publication des comptes ne sont pas aussi sévères qu’en France. « C’est donc sur le terrain qu’il faut recueillir l’information », a jugé Jean-Claude Asfour. Reste qu’au grand export, les grandes sociétés spécialisées sur l’information d’entreprises peuvent au moins fournir un premier niveau de renseignement pas facile à trouver si l’on n’a personne sur place. A l’instar de la société d’information BtoB Ellisphere (ex-Coface services), qui propose la consultation en ligne, via son service Elliworld, de rapports d’information sur des entreprises implantées dans 72 pays.

L’enquête terrain est incontournable

« En France, a indiqué Stephen Lord, responsable de projets internationaux d’Ellisphere, nous sommes plutôt gâtés ». « Mais dès que vous franchissez les frontières, il est plus difficile de trouver ces informations », a confirmé Stephen Lord. « La Chine, a-t-il résumé, laisse disparaître ses entreprises, et en Afrique, l’accès aux informations reste difficile ». Et lorsque que le registre du commerce est publié dans certains pays africains, celui-ci contient peu d’informations. Il faut, a préconisé Stephen Lords, « aller sur place et croiser les informations ».

Reste que ces sociétés sont capables de permettre de confirmer l’existence d’une entreprise, dans un format et une langue compréhensible par un homme d’affaires français. Un bon départ qui ne doit pas occulter la nécessité d’un approfondissement, via des rapports sur mesure, ou des enquêtes auprès des réseaux français du terrain…

Source : Lemoci.com

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »